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1902

CXXXV

Victor HUGO

Ne vous figurez pas, ténèbres, que je tremble Parce que vous venez le soir murer les cieux ; J'entends des voix parler tout bas dans l'ombre ensemble Et je sens des regards sur moi sans voir des yeux ;

Mais j'ai foi ! L'Arimane a peur du Zoroastre ; Plus l'obscurité vient, plus 'le sage aime et croit, Et devant la grandeur lumineuse que l'astre Donne au prophète bon, le dieu méchant décroît.

Vous êtes malgré vous de rayons traversées ; L'espérance est mêlée à vos blêmes effrois ; Vous ne nous troublez point sous vos ailes dressées Pas plus que les corbeaux n'ébranlent les beffrois.

Ô ténèbres, le ciel est une sombre enceinte Dont vous fermez la porte, et dont l'âme a la clé ; Et la nuit se partage, étant sinistre et sainte, Entre Iblis, l'ange noir, et Christ ; l'homme étoilé.

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