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1902

CXXXIII

Victor HUGO

La cloche suspendue attend l'heure terrible.La cloche suspendue attend l'heure terrible. Autour d'elle, échappés dans les cieux infinis, Mais rentrant au clocher, ruche immense de nids, Tous les oiseaux de l'air, hirondelles ; mésanges,

Placés entre les bruits de l'homme et ceux des anges, Le moineau, qui du peuple aimant les alentours, Se perche aux buissons verts sans dédaigner les tours, La cigogne qui vient du Gange ou du Caÿstre ;

Planent en tournoyant sur le beffroi sinistre Comme autour d'un écueil rôde le cormoran, Et disent à l'esclave énorme du cadran : — Cloche, l'homme bourdonne et la foule se rue,

Tout le peuple fourmille et parle dans la rue, Les ponts sont pleins de voix, de rires et de pas ; O cloche, quelle est donc cette heure que tu vas Sonner dans ta lugubre et sublime demeure ? —

Et la cloche répond : — Je vais sonner une heure. Je ne sais rien de plus. —Je ne sais rien de plus. —

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