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1902

CV

Victor HUGO

Les quatre enfants joyeux me tirent par la manche, Dérangent mes papiers, font rage, c'est dimanche ; Ils s'inquiètent peu si je travaille ou non ; Ils vont criant, sautant, m'appelant par mon nom ;

Ils m'ont caché ma plume et je ne puis écrire ;' Et bruyamment, avec de grands éclats de rire, Se dressant pàr-dessus le dos du canapé, Chacun vient à son tour m'apparaître, drapé

Dans un burnous arabe aux bandes éclatantes ; Et je songe à l'Afrique, aux hommes sous les tentes, A la Mecque, au désert formidable et vermeil ; On part avant le jour, de crainte du soleil ;

La file des piétons et des chameaux s'allonge, Passe confusément, chemine, et semble un songe ; La nuée au vent flotte ainsi qu'une toison ; Et les vagues de sable, emplissant l'horizon,

Les ravins où jadis rêvait le patriarche, Font dans l'ombre onduler la caravane en marche.

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