Skip to content
1881

AUX PRÊTRES

Victor HUGO

Il sied de ressembler aux dieux. Ton Dieu, flamine, Dévore ses enfants ; ton Dieu, mage, extermine ; Augure, ton Dieu ment ; uléma, ton Dieu met La terre sous le sabre impur de Mahomet ;

Ton Dieu, Rome, est l’agneau, mais il tette la louve ; Ô noir dominicain qui rêves, ton Dieu trouve Agréable l’odeur infâme des bûchers ; D’affreux temples, ayant pour prêtres des bouchers,

Sont l’habitation de ton Dieu, corybante ; Brahmine, ton Dieu sombre aime la nuit tombante ; Rabbin, ton Dieu maudit la race de Japhet, Et cloue au fond du ciel le soleil stupéfait ;

Sabaoth est cruel, Jupiter est immonde, Et pas un Dieu ne sait comment est fait le monde ; Les peuples ont le choix pour fléchir le genou Entre le monstre Asgar et le monstre Vishnou ;

Ce Dieu brait, celui-là rugit, celui-ci beugle ; C’est pourquoi l’idéal de l’homme est d’être aveugle, Ténébreux, vil, féroce, ignorant, odieux, Afin d’être aussi près que possible des dieux.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
AUX PRÊTRES · Victor HUGO · Poetry Cove