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1902

AUX FILS DES CROISÉS

Victor HUGO

Ainsi dans cette grande armure, Maroufles, vous vous abritez ! Et son formidable murmure Ne vous a pas épouvantés !

Ô nain Triboulet, tu leur manques ! Ces gueux sont les maîtres céans ! Bien. Ébattez-vous, saltimbanques, Dans l'ombre que font les géants.

Vous vous dites fils de ces hommes Par la femme forte conçus, Dignes à la fois de deux romes, Faits pour César ou pour Jésus !

Ces hommes disaient : Que Dieu m'aide ! Ils prenaient dague, estoc, poignard. Ils combattaient, c'était Tancrède. Ils parlaient, c'était Saint-Bernard.

Passant les mers, les monts, les plaines Comme un essaim prodigieux, Ils allaient, gens et capitaines, L'épée au poing, l'esprit aux cieux !

Qui les poussait vers la Judée ? C'était ce rêve étrange et beau, Briser les chaînes d'une idée Enfermée au fond d'un tombeau.

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