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1898

AU DESSERT

Victor HUGO

— Mon frère, vous avez sauvé l'ordre. — Mon frère, Vous avez eu raison d'un peuple téméraire. Cette Pologne était pour l'Europe un ennui. — Mon frère, grâce à vous, tout prospère aujourd'hui.

— Vous dominez Paris et vous protégez Rome. — J'estime Jellachich. — Mouravief est un homme. — Vous avez Canrobèrt qui vaut mieux que Bugeaud. — Je bois votre Tokay. — Moi votre Clos-Vougeot.

— Mon frère, nous étions en querelle naguère, Mais je vous aime. Et moi, je' vous ai fait la guerre Malgré moi. — Vous 'avez battu mes généraux. Vous, fûtes le vainqueur, sire. — Et vous le héros.

— Votre génie est— grand. — Moins que votre bravoure. — Mon frère, entendez-vous ces vivats ? Je savoure Ces acclamations qui s'adressent à vous. Le peuple est sous vos pieds. — Il est à vos genoux.

C'est mieux. — Il me respecte, oui, mais il vous adore. — Vous avez voulu, sire, et tout à coup l'aurore A reparu ; les lois et la société Revivent ; et cela, sire, n'a rien coûté. —

Causerie entre czars et rois, propos de table Qui font rire les morts d'un rire épouvantable.

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