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1826

À UNE JEUNE FILLE

Victor HUGO

Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle, Enfant ! n'enviez point notre âge de douleurs, Où le cœur tour à tour est esclave et rebelle, Où le rire est souvent plus triste que vos pleurs.

Votre âge insouciant est si doux qu'on l'oublie ! Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs, Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie, Comme un alcyon sur les mers.

Oh ! ne vous hâtez point de mûrir vos pensées ! Jouissez du matin, jouissez du printemps ; Vos heures sont des fleurs l'une à l'autre enlacées ; Ne les effeuillez pas plus vite que le temps.

Laissez venir les ans ! Le destin vous dévoue, Comme nous, aux regrets, à la fausse amitié, À ces maux sans espoir que l'orgueil désavoue, À ces plaisirs qui font pitié !

Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance ; Riez ! n'attristez pas votre front gracieux, Votre œil d'azur, miroir de paix et d'innocence, Qui révèle votre âme et réfléchit les cieux !

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