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1893

À OL.

Victor HUGO

Tu vivais autrefois penché sur la nature, O rêveur ! ton esprit, sans changer de posture, Se penche maintenant sur les événements. Déjà des temps futurs les noirs linéaments

Pour ta prunelle fixe et claire sont visibles. Souriant vaguement aux rencontres possibles, Tu marches devant toi dans la nuit. Crainte, espoir, Que t'importe ? tu vas où tu vois le devoir.

Si l'on creuse à tes pas des pièges, tu l'ignores. Parmi ces hommes fous et vainement sonores, Grave, triste, et rempli : de l'avenir lointain, Tu caches ou tu dis les choses du destin ;

Car le ciel rayonnant te fit naître, ô poète, De l'Apollon chanteur et de l'Isis muette.

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