Skip to content
1826

À MADAME LA COMTESSE A. H.

Victor HUGO

Oh ! quel que soit le rêve, ou paisible, ou joyeux, Qui dans l'ombre à cette heure illumine tes yeux, C'est le bonheur qu'il te signale ; Loin des bras d'un époux qui n'est encor qu'amant,

Dors tranquille, ma sœur ! passe-la doucement, Ta dernière nuit virginale ! Dors : nous prierons pour toi, jusqu'à ce beau matin ! Tu devais être à nous, et c'était ton destin,

Et rien ne pouvait t'y soustraire. Oui, la voix de l'autel va te nommer ma sœur ; Mais ce n'est que l'écho d'une voix de mon cœur Qui déjà me nommait ton frère.

Dors, cette nuit encor, d'un sommeil pur et doux ! Demain, serments, transports, caresses d'un époux, Festins que la joie environne, Et soupirs inquiets dans ton sein renaissant,

Quand une main fera de ton front rougissant Tomber la tremblante couronne ! Ah ! puisse dès demain se lever sur tes jours Un bonheur qui jamais ne s'éclipse, et toujours

Brille, plus beau qu'un rêve même ! Vers le ciel étoilé laisse monter nos vœux. Dors en paix cette nuit où nous veillons tous deux, Moi qui te chante, et lui qui t'aime !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.