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1820

À LYDIE

Victor HUGO

Au nom des Dieux dont tu te ris, Lydie, en ta folle tendresse, Veux-tu donc perdre Sybaris ? Dans l'amour dont il est épris

Va-t-il consumer sa jeunesse ? Pourquoi n'a-t-il que du mépris Pour Mars, pour sa noble poussière ? Pourquoi, dans l'arêne guerrière,

Surpassant ses rivaux surpris, Ne franchit-il pas la carrière, Fier de ses coursiers' aguerris ? Depuis que son cœur n'est plus libre,

Pourquoi craint-il l'onde du Tibre ? Pourquoi, sur ses membres flétris, N'ose-t-il pas verser l'olive ? Pourquoi ta tendresse craintive

Amollit-elle ses esprits ? Pourquoi, sous l'armure falisque, Ses bras ne sont-ils pas meurtris ? Pourquoi de la flèche .et du disque

N'a-t-il pas mérité le prix ? Jadis, à la douleur en proie, Thétis, à la cour de Scyros, Loin des fatales tours de Troie,

Élevait un naissant héros, Qui, jusqu'au pied de leurs murailles, Sur les Troyens anéantis Devait semer les funérailles :

Es-tu donc une autre Thétis ?

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