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1840

A. L.

Victor HUGO

Toute espérance, enfant, est un roseau. Dieu dans ses mains tient nos jours, ma colombe ; Il les dévide à son fatal fuseau, Puis le fil casse et notre joie en tombe ;

Car dans tout berceau Il germe une tombe. Jadis, vois-tu, l'avenir, pur rayon, Apparaissait à mon âme éblouie,

Ciel avec l'astre, onde avec l'alcyon, Fleur lumineuse à l'ombre épanouie. Cette vision S'est évanouie !

Si, près de toi, quelqu'un pleure en rêvant, Laisse pleurer sans en chercher la cause. Pleurer est doux, pleurer est bon souvent Pour l'homme, hélas ! sur qui le sort se pose.

Toute larme, enfant, Lave quelque chose.

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