Belles, vous passez, pures toutes deux ;
Que vous fait ce monde ingrat et hideux ?
Vous êtes deux sœurs, vous êtes deux vierges ;
Comme sur l'autel s'allument les cierges,
Vos âmes ont mis leur flamme à vos fronts ;
Belles, je voudrais voir sur vos bras ronds,
Sur votre poitrine et sur votre hanche,
S'entr'ouvrir les plis de la gaze blanche ;
Belles, je voudrais voir votre sein nu,
Votre pied charmant, pudique, ingénu,
Et je voudrais voir vos épaules, belles,
Pour chercher la place où furent les ailes.