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1898

À ***

Victor HUGO

Ou vous êtes naïf ou vous êtes subtil. Une réforme ! où donc ? Un progrès ! quel est-il ? Vous dites qu'un grand pas est fait. Quel pas ? Je cherche. A Mandrin pataugeant Jocrisse tend la perche.

Le coup d'état devient ondoyant et divers. Nous en vîmes l'endroit, nous en voyons,l'envers. Je ris sans admirer. Quel spectacle ! Sodome, Brusquement transformée en Paraclet ; Prudhomme

Trouvant trop rouge encor le bonnet de coton D'Arlequin qui jadis se grimait en Caton. Tom Pouce dans un coin qui se croit cent coudées ; La trahison criant : Messieurs, j'ai des idées !

L'ogre au bon peuple enfant disant : Baisez papa ! Tous les sous-entendus d'un faux mea culpa ; L'empire devenu, sorte d'oison sans ailes, Presque un pensionnat de jeunes demoiselles ;

Tibère concourant pour le prix Monthyon ; Goton rose devant la moindre question ; Rouher baissant les yeux, Maupas mettant un voile ; Et toujours l'araignée au centre de sa toile !

Toujours le piège ! Une ombre où grondent les fléaux ! Aujourd'hui, le néant et demain le chaos ! Un nain creusant un gouffre ! Ô Dieu partout visible,

Sauve-moi du petit, fût-ce dans le terrible ! Jette-moi, Dieu puissant, chez quelque nation Entrant, superbe et sombre ; en révolution, Ou sur quelque océan que la tempête éclaire !

Que j'entende, épelant ce que dit ta colère Dans un langage obscur, mystérieux et beau, Ou la foudre parler, ou tonner Mirabeau !

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