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1924

Sirènes

Gaston HEUX

Sœurs captives dans vos élans, Esclaves en proue aux carènes, Loin de vous de libres sirènes Tressent des algues à leurs flancs.

Craignez le destin d'être femmes, Vous dont l'homme d'un geste dur Émeut d'avance, sous l'azur, Le sillage à travers les lames !

Le chant des flots reste en ma chair… L'onde est encor toute l'Ondine ! Et si ma force est féminine, Ma grâce est d'incarner la mer…

Je suis la souplesse des vagues… Vénus, Béthelgeuse ou Rigel, Reflets d'astres tombés du ciel, Soyez l'opale de mes bagues !

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