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1924

Silène

Gaston HEUX

Je te suis de mes pieds épars, O bacchanale aux sourds crotales Qui, sur les rênes végétales, Fais cabrer les onces des chars !

Me voici, Bacchos, Maître insigne ! L'air en joie est ton cœur léger, Et ta soif pourra vendanger Ton vieux Silène tout en vigne !…

Rien d'obscur ne double ta chair… Toute lumière te transperce, Et ton image ne renverse Au sable clair qu'un dieu plus clair !

Mais c'est moi ta forme gardienne… Prosternant l'extase des vins, Mon ivresse à tes pieds divins Couche une ombre dionysienne !

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