Skip to content
1924

Pressentiments

Gaston HEUX

Penchez-vous, à présent, sur cette onde irisée ! Dès qu'un saule craintif égoutte la rosée Dont les moiteurs du soir constellent les buissons, Pour peu que sous ces pleurs un orbe se décrive,

Hélas ! de rive en rive Quels douloureux frissons ! Tandis qu'un choc léger et qui l'ébranle à peine Émeut d'un long émoi la profondeur sereine,

Sous les flots dort un ciel qui se recueille en eux, Et voici qu'il reluit dans ces eaux étoilées, Nappes jamais troublées, Cent cailloux lumineux.

Ah ! si pourtant l'amour, comme une étoile offerte, Tombe d'un firmament dans ma vie entrouverte, Qu'il dédouble l'azur, ce bel astre d'en bas, Et que ce caillou d'or, lointain reflet d'un monde,

Scintille dans cette onde, Mais ne la trouble pas !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Pressentiments · Gaston HEUX · Poetry Cove