Ce soir, des gouttes d'ombre humectent les calices
La rosée où s'avive un obscur tremblement,
S'alourdit de parfums, d'odorantes délices,
Qu'elle absorbe en ses pleurs voluptueusement.
Mais la jeune lumière, au matin, la consume
Et des fleurs, entrouvrant leurs moites encensoirs,
S'évapore en senteurs la tristesse des soirs,
Et c'est ce deuil épars dont l'aube se parfume.
— Ta rosée, en mon cœur, ô douloureux amour,
Dans la mort de l'espoir et dans l'exil du jour
Parmi des baumes purs s'est longtemps enfermée.
La voici qui s'exhale en effluves divins,
Et Celle en qui renaît l'éclat de mes matins,
En respire à jamais la douleur parfumée.