Ce bosquet, jadis consacré,
Où ressuscitent d'anciens faunes,
Plein de l'odeur des toisons jaunes,
De fluide lune est nacré.
Regarde, un chèvre-pied s'obstine,
Front battant contre un bouleau clair.
Dont la gaîne de pâle chair
Palpite, vivante et divine.
Et le dieu bouc, tout moite encor,
Dans l'arbre flairant la dryade,
Fait s'égoutter par myriade,
Un sang d'or sous sa corne d'or.
Mais l'arc bandé d'une liane.
Calme et vierge célestement,
Voici que rôde au firmament,
Vouée au silence, Diane.