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1924

Au peintre Émile Fabry

Gaston HEUX

L'Homme entre dans ton art demi-dieu grave et rude, Gardant de ton orgueil, Maître, dans l'attitude… Les formes de ton rêve éblouissent l'étude. Et le corps, de ta foi se sentant respecté,

Se remettant à croire à travers ta fierté, A rejoint d'un effort son antique beauté. Entre les cieux et toi c'est un accord étrange… Du Créateur au peintre et de l'artiste à l'Ange,

Des présents inspirés se balance l'échange. Dans le vierge limon s'incarnait la Candeur, Qu'elle brûle déjà d'un éclair d'impudeur : Ce qui s'en fait de cendre en atteste l'ardeur…

L'Éternité sort grâce à toi de la légende… Le ciel n'a point de dons, le dieu n'a point d'offrande Qu'en reflets immortels ton œuvre ne lui rende. Par toi, dont l'idéal ne s'est jamais vendu,

Comme au bord du néant l'Homme nous est rendu Sa chair ne se dissout que sur l'Éden perdu… Mais l'Éden renaissant la promet à la faute… Ton art lui prête au moins la tutelle d'un hôte

Dans ce qui veut déchoir raidis ton âme haute

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