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1924

Aphrodite

Gaston HEUX

Reconnais l'Aphrodite à ses rites ardents ! Je tiens comme une fleur le rire entre les dents ! Ma grâce épanouie à la crête des vagues Évoque un jeu vermeil de clartés sur des dagues,

Et mon cœur entr'ouvert, de soi-même agité, Exhale dans les vents toute la volupté ! O murmure des mers, je vous écoute encore, Lorsqu'au baiser fuyant de la houle sonore

Un vif ruissellement égrenait sur ma chair L'inquiète splendeur des larmes de la mer, Ah ! tout me trahissait fille du rauque Abîme ! Nacre des flots jaloux je luisais à leur cime ;

Ma langueur s'y fondait en multiples accords, Et dans les ondoiements onctueux de mon corps J'éternisais en toi, souplesse de mes hanches, Les rythmes adoucis berceurs des lames blanches.

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