Skip to content
1893

Michel-Ange

José-Maria HEREDIA

Certe, il était hanté d'un tragique tourment, Alors qu'à la Sixtine et loin de Rome en fêtes, Solitaire, il peignait Sibylles et Prophètes Et, sur le sombre mur, le dernier Jugement.

Il écoutait en lui pleurer obstinément, Titan que son désir enchaîne aux plus hauts faîtes, La Patrie et l'Amour, la Gloire et leurs défaites ; Il songeait que tout meurt et que le rêve ment.

Aussi ces lourds Géants, las de leur force exsangue, Ces Esclaves qu'étreint une infrangible gangue, Comme il les a tordus d'une étrange façon ; Et dans les marbres froids où bout son âme altière,

Comme il a fait courir avec un grand frisson La colère d'un Dieu vaincu par la Matière !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
Michel-Ange · José-Maria HEREDIA · Poetry Cove