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1893

Mer montante

José-Maria HEREDIA

Le soleil semble un phare à feux fixes et blancs. Du Raz jusqu'à Penmarcʼh la côte entière fume, Et seuls, contre le vent qui rebrousse leur plume, À travers la tempête errent les goëlands.

L'une après l'autre, avec de furieux élans, Les lames glauques sous leur crinière d'écume, Dans un tonnerre sourd s'éparpillant en brume Empanachent au loin les récifs ruisselants.

Et j'ai laissé courir le flot de ma pensée, Rêves, espoirs, regrets de force dépensée, Sans qu'il en reste rien qu'un souvenir amer. L'océan m'a parlé d'une voix fraternelle,

Car la même clameur que pousse encor la mer Monte de l'homme aux Dieux, vainement éternelle.

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