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1893

Maris Stella

José-Maria HEREDIA

Sous les coiffes de lin, toutes, croisant leurs bras Vêtus de laine rude ou de mince percale, Les femmes, à genoux sur le roc de la cale, Regardent l'océan blanchir l'île de Batz.

Les hommes, pères, fils, maris, amants, là-bas, Avec ceux de Paimpol, d'Audierne et de Cancale, Vers le Nord, sont partis pour la lointaine escale. Que de hardis pêcheurs qui ne reviendront pas !

Par-dessus la rumeur de la mer et des côtes Le chant plaintif s'élève, invoquant à voix hautes L'Étoile sainte, espoir des marins en péril ; Et l'Angélus, courbant tous ces fronts noirs de hâle,

Des clochers de Roscoff à ceux de Sybiril S'envole, tinte et meurt dans le ciel rose et pâle.

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Maris Stella · José-Maria HEREDIA · Poetry Cove