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1893

Les Bergers

José-Maria HEREDIA

Viens. Le sentier s'enfonce aux gorges du Cyllène. Voici l'antre et la source, et c'est là qu'il se plaît À dormir sur un lit d'herbe et de serpolet À l'ombre du grand pin où chante son haleine.

Attache à ce vieux tronc moussu la brebis pleine. Sais-tu qu'avant un mois, avec son agnelet, Elle lui donnera des fromages, du lait ? Les Nymphes fileront un manteau de sa laine.

Sois-nous propice, Pan ! ô Chèvre-pied, gardien Des troupeaux que nourrit le mont Arcadien, Je t'invoque… Il entend ! J'ai vu tressaillir l'arbre. Partons. Le soleil plonge au couchant radieux.

Le don du pauvre, ami, vaut un autel de marbre Si d'un cœur simple et pur l'offrande est faite aux Dieux

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