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1893

Le Laboureur

José-Maria HEREDIA

Le semoir, la charrue, un joug, des socs luisants, La herse, l'aiguillon et la faulx acérée Qui fauchait en un jour les épis d'une airée, Et la fourche qui tend la gerbe aux paysans ;

Ces outils familiers, aujourd'hui trop pesants, Le vieux Parmis les voue à l'immortelle Rhée Par qui le germe éclôt sous la terre sacrée. Pour lui, sa tâche est faite ; il a quatre-vingts ans.

Près d'un siècle, au soleil, sans en être plus riche, Il a poussé le coutre au travers de la friche ; Ayant vécu sans joie, il vieillit sans remords. Mais il est las d'avoir tant peiné sur la glèbe

Et songe que peut-être il faudra, chez les morts, Labourer des champs d'ombre arrosés par l'Érèbe.

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