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1893

La Source

José-Maria HEREDIA

L'autel gît sous la ronce et l'herbe enseveli ; Et la source sans nom qui goutte à goutte tombe D'un son plaintif` emplit la solitaire combe. C'est la Nymphe qui pleure un éternel oubli.

L'inutile miroir que ne ride aucun pli À peine est effleuré par un vol de colombe Et la lune, parfois, qui du ciel noir surplombe, Seule, y reflète encore un visage pâli.

De loin en loin un pâtre errant s'y désaltère. Il boit, et sur la dalle antique du chemin Verse un peu d'eau resté dans le creux de sa main Il a fait, malgré lui le geste héréditaire,

Et ses yeux n'ont pas vu sur le cippe romain Le vase libatoire auprès de la patère.

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