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1893

Ariane

José-Maria HEREDIA

Au choc clair et vibrant des cymbales d'airain Nue, allongée au dos d'un grand tigre, la Reine Regarde, avec l'Orgie immense qu'il entraîne, Iacchos s'avancer sur le sable marin.

Et le monstre royal, ployant son large rein, Sous le poids adoré foule la blonde arène, Et, frôlé par la main d'où pend l'errante rêne, En rugissant d'amour mord les fleurs de son frein

Laissant sa chevelure à son flanc qui se cambre Parmi les noirs raisins rouler ses grappes d'ambre, L'Épouse n'entend pas le sourd rugissement ; Et sa bouche éperdue, ivre enfin d'ambroisie,

Oubliant ses longs cris vers l'infidèle amant, Kit au baiser prochain du Dompteur de l'Asie.

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