Skip to content
1893

À une Ville Morte

José-Maria HEREDIA

Morne Ville, jadis reine des océans ! Aujourd'hui le requin poursuit en paix les scombres Et le nuage errant allonge seul des ombres Sur ta rade où roulaient les galions géants.

Depuis Drake et l'assaut des Anglais mécréants, Tes murs désemparés croulent en noirs décombres Et, comme un glorieux collier de perles sombres. Des boulets de Pointis montrent les trous béants.

Entre le ciel qui brûle et la mer qui moutonne, Au somnolent soleil d'un midi monotone, ru songes, ô Guerrière, aux vieux Conquistadors ; Et dans l'énervement des nuits chaudes et calmes,

Berçant ta gloire éteinte, ô Cité, tu t'endors Sous les palmiers, au long frémissement des palmes.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
À une Ville Morte · José-Maria HEREDIA · Poetry Cove