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1885

SONNET À MA MIE

Edmond HARAUCOURT

Je regrette le tems où tout bardé de fer, Hampe au poing, dague au flanc, on erroit par le monde ; Le tems où l’on vêtoit le heaulme à grille ronde, Le gorgerin de cuir, la gambe et le hauber.

Coups de masse et d’estoc ! On étoit fort et fier. On se navroit gaîment pour le los de sa blonde ; Le cœur étoit loyal et la valeur féconde : Les gentils preux n’avoient souci que de l’Enfer.

On ne se cachoit point pour rêver à sa mie ; On s’aimoit sans remords et nul n’en gaussoit mie ! Seul, le parjure aux vœux d’amour étoit félon. Beau tems ! J’eusse porté tes couleurs, ta devise,

Et ton nom brodé d’or sur mon blanc gonfalon, — Une nuit m’eût fait roi qui t’eût faite marquise !

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