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1885

SOIR D’ÉTÉ

Edmond HARAUCOURT

Le zézaiement câlin des vagues amoureuses Glisse sur l’air léger et bruit dans la brise ; La mousse s’éparpille en brumes vaporeuses. Du sable tiède et roux à la falaise grise

Un chant voluptueux ondule et se déploie, Glisse sur l’air léger et bruit dans la brise. Roulés dans les plis bleus de leurs robes de soie, Les flots au rire blanc se baisent bouche à bouche :

Un chant voluptueux ondule et se déploie. Le blond soleil descend dans le rose, et se couche, Au milieu des parfums de thyms et d’asphodèles ; Les flots au rire blanc se baisent bouche à bouche.

La mouette fend l’air tranquille à grands plats d’ailes, Tandis que Vénus monte à travers le ciel pâle, Au milieu des parfums de thyms et d’asphodèles. La lune ouvre et polit son fin croissant d’opale,

Et sereine, du fond des calmes, elle écoute, Tandis que Vénus monte à travers le ciel pâle. Les astres, un par un, s’allument sous la voûte : La nuit molle s’emplit de douceurs langoureuses,

Et sereine, du fond des calmes, elle écoute Le zézaiement câlin des vagues amoureuses.

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