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1885

ROMANCE

Edmond HARAUCOURT

à tout petits pas, lente et les pieds las, Elle allait, flairant les fleurs d’un air tendre ; Un nid gazouillait au fond d’un lilas, Et Jeanne s’assit, s’assit pour attendre.

Les petits oiseaux prenaient leurs ébats, Et Jeanne rougit, rougit sans comprendre ; La brise se prit à siffler très bas, Et Jeanne se tut, se tut pour entendre.

Son cœur et le nid chantaient tous les deux, Et le vent câlin chantait autour d’eux : « Quand vient le printemps, les bourgeons fleurissent. » La mère fauvette alla, vint, partit,

Revint, sautilla, piqua l’herbe, et dit : « Quand vient le printemps, les nids se remplissent. »

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