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1885

PETITES CHANSONS DE JADIS

Edmond HARAUCOURT

J’ignore les amours impures ; J’ignore les âpres levains Des sens qui mêlent leurs souillures Aux rêves chastes et divins.

Mon amour a peur de la fièvre ; Les regards noyés lui font peur Et le feu qui brûle la lèvre A toujours fait froid à mon cœur.

J’ai la tendresse humble des âmes Qui se donnent sans désirer ; Mon culte ne demande aux femmes Que de se laisser adorer :

Mains jointes, front nu, tête basse, Comme on adore, sous l’autel, La vierge qui luit dans sa châsse, Blanche sur le bleu clair d’un ciel.

Et je conserve à mon idole Ce que Dieu lui mit de plus beau : La pureté, cette auréole, Et l’innocence, ce manteau.

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