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1885

LES FRÈRES

Edmond HARAUCOURT

Aux bois, aux monts, aux champs ! Viens fouiller les chenils Où l’amour et la faim aiguisent les dents blanches ; Lis dans l’œil des vaincus, quand l’espoir des revanches Grogne sournoisement dans les coins embrunis.

Regarde les coucous rôder autour des nids, Les mésanges en sang se chasser sous les branches, Et le large taureau qui, fier, fouettant ses hanches, Déchire les gazons sous ses sabots jaunis.

Guette, quand le grand bouc cornu des bergeries Mène ses lents troupeaux d’épouses aux prairies ; Écoute au fond des nuits bramer les cerfs jaloux. Vois l’âpre fourmilière entasser ses conquêtes.

Tais-toi : prête l’oreille aux hurlements des loups… Tu vas comprendre l’homme en connaissant les bêtes !

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