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1885

LES ÉPHÉMÈRES

Edmond HARAUCOURT

Les éphémères blonds qui naissent des varechs Et vivent entre deux marées Sautillaient, près du flux des vagues liserées, Sur les sables à demi-secs.

Et leur vol crépitant claquait comme la pluie, Traçant dans l’air des orbes vifs, Et mêlant son choc preste au cri sourd des récifs Qui grondaient vers la vague enfuie.

Le soleil paternel, roulant vers son déclin, Versait des caresses foventes Sur ces fourmillements de minutes vivantes Qui s’agitaient au vent salin.

— Eux aussi ! La mort lente a lassé leur envie : Plus loin des flots et des fracas, Ils s’en vont, pour dormir, cacher sous les micas L’ennui long de leur courte vie !

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