Skip to content
1885

LES BÊTES

Edmond HARAUCOURT

Je voudrais être calme et doux comme les bêtes Qu’on mène par troupeaux brouter à travers champs. Tout les aime ; le soir mire l’or des couchants Dans la limpidité de leurs grands yeux honnêtes.

Balançant d’un air las le bloc lent de leurs têtes, Sur les pacages plats ou les ravins penchants, Dans les prés pleins de fleurs, sous les bois pleins de chants, Elles vaguent, rêvant comme font les poètes.

Quand l’herbe rousse fume au soleil de midi, Elles vont, l’œil mi-clos et le pas alourdi, Loin des grillons taquins qui craquent autour d’elles. Puis graves, étalant leurs gros torses velus,

Elles dorment dans l’ombre où passent des bruits d’ailes… — Je voudrais être calme et doux : je ne sais plus.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LES BÊTES · Edmond HARAUCOURT · Poetry Cove