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1885

L’INTROUVABLE

Edmond HARAUCOURT

Je cherche l’introuvable et la suprême Amie, Chants et cœur de Sirène, âme et chants de Lamie, La chère, la très chère hypocrite aux yeux doux : Elle aime les fleurs d’or, l’éclat des faux bijoux,

Et les fards qui la font plus blanche que l’albâtre ; Elle aime l’artifice imagé du théâtre, Et préfère au soleil la clarté des flambeaux ; Le miracle l’attire, elle a peur des tombeaux ;

Triste parfois, lascive et chaste tout ensemble, Elle m’endort : l’odeur de son baiser ressemble Au poison des lotus que la lune fleurit ; L’unique perfidie habite son esprit :

Son geste est une embûche et sa caresse un piège ; Son rire est feint, sa voix parjure et sacrilège ; Chacun de ses regards est une trahison. Mais c’est elle qui doit consoler ma raison,

Car ma foi se réserve à l’Amie éternelle Qui mentira si bien qu’on pourra croire en elle.

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