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1885

CRI DU COQ

Edmond HARAUCOURT

La brume s’épaissit. Par minute, une goutte, Lourde, tombe des toits et claque sur les rocs. Un vague rayon blanc luit sur le fer des socs ; L’ombre rêve, immobile, et le silence écoute.

Soudain, vif, poignardant le ciel, trouant la voûte, Un coq lance son cri d’acier : le cri des coqs Répond, sonne et ressaute au loin de chocs en chocs. « Je ne dors pas ! » La nuit vibre et frissonne toute.

— Oubli, soir du malheur ! L’âme va s’assoupir… Mais qu’un chagrin nouveau nous arrache un soupir, Un seul, toute la vie en pleurs s’éveille et tremble ! Et l’on entend, du fond des vieux passés, là-bas,

Stridentes, tour à tour, sans fin, sans nombre, ensemble, Les lointaines douleurs crier : « Je ne dors pas ! »

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