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1885

CALYMANTHE

Edmond HARAUCOURT

Calymanthe, l’enfer te ronge, Calymanthe, L’enfer intérieur de ton propre désir… Ah ! Sisyphe des sens, Tantale du plaisir, Corps martyr et bourreau qui souffre et qui tourmente !

Tends tes bras, tends tes seins, fauve et lugubre amante ! Dis sous quels flancs tes flancs ont rêvé de gésir, Dis vers quelle caresse impossible à saisir Tu tords les spasmes veufs de ta lèvre écumante !

Bacchus seul a dompté les tigres d’Ancyra : Tu peux hurler vers eux, rien ne te répondra. Meurs donc ! Il faut mourir d’avoir voulu trop vivre ! Brusque, elle s’est levée, elle entend ; fou d’espoir,

Son cœur tremble, le sang tourne dans sa tête ivre : La voix des lions roux gronde dans l’or du soir.

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