Souvent ce vueil s’esveigle en ma pensée
De cognoistre où dévalent et comment,
Après le heurt de la prime poussée,
Les beaux hymens morts par esclatement.
Sont-ils eslus ou damnés malement ?
Quel aultre monde assemble leurs collèges ?
Le Ciel o luz ou l’Enfer o torment ?
Mais qui Dieu sçait où sont les pucelaiges ?
Desfait ès-draps ou sus herbe froissée,
Soubs lambrys d’or ou chaulme de caymant ;
De royne, nonne, ou ruste mal facée ;
Estroit ou lé, Lorrain, Bret ou Flamand :
Trestous, occis par l’espoux ou l’amant,
De mesme mort meurent sans privilèges,
U n soir de ruyt escachés follement…
Mais qui Dieu sçait où sont les pucelaiges ?
Las ! Chaque dame, ains que d’estre perçée,
Avoyt le sien et l’amoyt tendrement.
Qu’en remaint-il quand la feste est passée ?
Regret sans fin pour soulas d’un moment !
Car l’aage vient, qu’en vain le cueur dément.
D’un peu d’amour seuls ses detz lui sont pleiges :
Masle n’y voult planter son ornement.
Mais qui Dieu sçait où sont les pucelaiges ?
Prince des caz, Cupidon, Dieu charmant,
Quantz en foras par traicts ou sortilèges ?
Onc n’en prins un, dont je geins lubrement
Mais qui Dieu sçait où sont les pucelaiges ?