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1895

XXXIX

Charles GUÉRIN

Avec ses espaliers de luxure et de fastes Le jardin merveilleux où règne ton infante Dans la grande lumière étage ses terrasses Et domine mon val aux vergers de silence.

Val paisible où le vol léger des feuilles lentes Soupire sous l'adieu d'un ciel d'automne chaste… Au bord des sources dont l'azur miroite et tremble Les tourterelles d'or trempent leurs ailes lasses ;

Parmi le clair chagrin des trembles qui s'égouttent, Le groupe harmonieux des amantes écoute Décroître au fond des bois l'humain sanglot des cors ; Et, dans la brume où le poète aux doigts pensifs

De roses sans parfum enguirlande les ifs, Plane l'impérial épervier de la mort. Avec ses espaliers de luxure et de fastes Le jardin merveilleux où règne ton infante

Dans la grande lumière étage ses terrasses Et domine mon val aux vergers de silence. Val paisible où le vol léger des feuilles lentes Soupire sous l'adieu d'un ciel d'automne chaste…

Au bord des sources dont l'azur miroite et tremble Les tourterelles d'or trempent leurs ailes lasses ; Parmi le clair chagrin des trembles qui s'égouttent, Le groupe harmonieux des amantes écoute

Décroître au fond des bois l'humain sanglot des cors ; Et, dans la brume où le poète aux doigts pensifs De roses sans parfum enguirlande les ifs, Plane l'impérial épervier de la mort.

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