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1895

XXXI

Charles GUÉRIN

Ma douce enfant, ma pauvre enfant, sois forte et calme. Pense à Dieu, pense à notre amour éternel. Lève Les yeux, souris, et vois, d'un battement si faible Mes cils mouillés répondre à ton sourire pâle.

Dis-moi : je t'aime, encor : je t'aime, et puis ne parle Plus ; les mots font mal à ceux qui vont mourir. Laisse Ta gorge se gonfler sur mon coeur, à mes lèvres Laisse ta main qui tremble en essuyant des larmes.

Tristement, âprement, nos bouches s'enveloppent Dans un dernier baiser surhumain qui sanglote. Et maintenant, adieu, tout est fini. Silence. Une feuille en tombant fait ombre sur la lune.

Des pas. Un souffle d'air. Et le calme nocturne Est si pur, si profond, que nos âmes s'entendent. Ma douce enfant, ma pauvre enfant, sois forte et calme. Pense à Dieu, pense à notre amour éternel. Lève

Les yeux, souris, et vois, d'un battement si faible Mes cils mouillés répondre à ton sourire pâle. Dis-moi : je t'aime, encor : je t'aime, et puis ne parle Plus ; les mots font mal à ceux qui vont mourir. Laisse

Ta gorge se gonfler sur mon coeur, à mes lèvres Laisse ta main qui tremble en essuyant des larmes. Tristement, âprement, nos bouches s'enveloppent Dans un dernier baiser surhumain qui sanglote.

Et maintenant, adieu, tout est fini. Silence. Une feuille en tombant fait ombre sur la lune. Des pas. Un souffle d'air. Et le calme nocturne Est si pur, si profond, que nos âmes s'entendent.

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