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1895

XXIII

Charles GUÉRIN

Le ciel profond reflète en étoiles nos larmes, Car nous pleurons, ce soir, de nous sentir trop vivre. La brume est chaude, la plus blanche rose enivre, La chair baigne en un lac balsamique, et le calme

Nocturne ajoute à la confusion des âmes. La peine d'un lointain violon nous arrive En longs sanglots qui font la volupté pensive. On entend le jardin mystérieux qui parle.

Nulle haleine. Là-bas, le rossignol égoutte Ses perles vives ; l'ombre est claire ; toute flûte Soupire… il faut nous taire, il faut aimer, les heures Ont suspendu leur vol à tes lèvres : écoute

S'effeuiller en frissons de nacre sous la lune Les frêles hampes d'eau des cours intérieures. Le ciel profond reflète en étoiles nos larmes, Car nous pleurons, ce soir, de nous sentir trop vivre.

La brume est chaude, la plus blanche rose enivre, La chair baigne en un lac balsamique, et le calme Nocturne ajoute à la confusion des âmes. La peine d'un lointain violon nous arrive

En longs sanglots qui font la volupté pensive. On entend le jardin mystérieux qui parle. Nulle haleine. Là-bas, le rossignol égoutte Ses perles vives ; l'ombre est claire ; toute flûte

Soupire… il faut nous taire, il faut aimer, les heures Ont suspendu leur vol à tes lèvres : écoute S'effeuiller en frissons de nacre sous la lune Les frêles hampes d'eau des cours intérieures.

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