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1895

LXII

Charles GUÉRIN

Le sable clair du temps fuit des plus larges mains. Les serments et les blocs de pierre se disjoignent. Quand les héros dorment veillés par la victoire, La mort, tambour brutal, roule un rappel d'airain.

On sonde le profond secret de l'être en vain, Et le poète, ivre d'azur, d'or et de gloire, Qui va, les bras levés, pour cueillir les étoiles, Heurte son front au cintre bas du rêve humain.

L'heure, hélas ! Glace et clôt les lèvres bien-aimées. Les feux de belle pourpre expirent en fumées ; Et le soleil se couche au fond de tous les cieux. On se retourne, un soir, sur la route suivie :

Il fait froid, la nuit tombe, on est seul… pauvre vie Qu'on n'a pas dévouée au service de Dieu ! Le sable clair du temps fuit des plus larges mains. Les serments et les blocs de pierre se disjoignent.

Quand les héros dorment veillés par la victoire, La mort, tambour brutal, roule un rappel d'airain. On sonde le profond secret de l'être en vain, Et le poète, ivre d'azur, d'or et de gloire,

Qui va, les bras levés, pour cueillir les étoiles, Heurte son front au cintre bas du rêve humain. L'heure, hélas ! Glace et clôt les lèvres bien-aimées. Les feux de belle pourpre expirent en fumées ;

Et le soleil se couche au fond de tous les cieux. On se retourne, un soir, sur la route suivie : Il fait froid, la nuit tombe, on est seul… pauvre vie Qu'on n'a pas dévouée au service de Dieu !

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