Ce coeur, mon Dieu, qu'avec des pleurs de sang je t'offre
Et dont j'ai dans mes yeux le sinistre reflet,
Ce coeur qui pèse au fond de ma poitrine, il est
Sourd, barbare et bardé de lames, comme un coffre.
Occulte gouffre, au bas de ses cercles d'enfer,
La luxure se mord les ailes et blasphème.
Pitié ! Seigneur, pitié ! Je te l'offre quand même,
Ce coeur, coffre de haine et sépulcre de fer.
Attise pour dissoudre à la flamme ses tares
La forge où tu refonds le sceptre et les tiares :
Il faut, car le métal est adultère et dur,
Le rompre, le remettre au feu, le battre encore.
Ô ce coeur qui t'appelle en vain et qui t'adore !
Tout le sel de la mer ne le rendrait pas pur.