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1895

LVII

Charles GUÉRIN

Ce serait bon : donner toute sa vie à Dieu Avec des mains d'humilité calmes et jointes ; Ouvrir son coeur comme une rose à blanche guimpe Qui naît à la douceur de mai sous le ciel bleu ;

Épouser le destin naïf des êtres simples Qui partagent les fruits de leur verger, un peu De lait, et dont la huche obscure près du feu S'entrebâille au pater des cueilleuses de simples…

Hélas ! ô voeux d'enfant craintif perdu dans l'ombre ! Ne sais-je pas qu'aux bras liés du divin geste Il faut les rubis bruts et l'âpre métal sombre Du bracelet pesant des voluptés humaines,

Et que la pauvre chair de faiblesse reprenne Son chemin vers l'amour et sa toute tristesse ! Ce serait bon : donner toute sa vie à Dieu Avec des mains d'humilité calmes et jointes ;

Ouvrir son coeur comme une rose à blanche guimpe Qui naît à la douceur de mai sous le ciel bleu ; Épouser le destin naïf des êtres simples Qui partagent les fruits de leur verger, un peu

De lait, et dont la huche obscure près du feu S'entrebâille au pater des cueilleuses de simples… Hélas ! ô voeux d'enfant craintif perdu dans l'ombre ! Ne sais-je pas qu'aux bras liés du divin geste

Il faut les rubis bruts et l'âpre métal sombre Du bracelet pesant des voluptés humaines, Et que la pauvre chair de faiblesse reprenne Son chemin vers l'amour et sa toute tristesse !

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