Je pense à la maison tranquille, ô mon ami,
Où tu vivais parmi tes roses et tes livres,
Songeur et souriant et robuste, affermi
Dans le large bonheur d'être jeune et de vivre.
Ta maison claire, tes mains franches, ton visage
Et tes livres s'ouvraient pour un exquis accueil :
On entrait dans ton coeur quand on passait ton seuil.
Esprit subtil, tu fus un bon entre les sages.
La mort paisiblement est venue, elle a mis
Ses lèvres sur ton front comme un baiser d'ami.
Hélas ! … mais si nos coeurs tremblent au vent d'automne,
Sache, toi qu'on aimait en aimant la bonté,
Dans l'espace où se fond en Dieu l'âme de l'homme,
Jouir du plein soleil de l'immortel été.