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1895

LIX

Charles GUÉRIN

Jardinier, jardinier, que ta maison soit gaie, Ton rucher en rumeur et ta chambre à fruits pleine, Et que le thym s'argente au fil de ta fontaine ! Si quelque mendiant pleure contre ta haie,

Ouvre un coeur attentif au pauvre homme et l'accueille ; Ses larmes béniront ta bêche avant la tâche : Que ta vie, ô mon fils, sous tes actes se cache, Odorante senteur de rose entre les feuilles.

Sois simple. Prie à l'heure où rentrent les colombes. Laisse la foi paisible avec le soir qui tombe Grandir en toi comme un pan d'ombre sur le sable ; Et Dieu te fasse pur et bon, Dieu veuille rendre

L'âme qu'on voit au fond de tes yeux clairs semblable Au caillou blanc qui luit sous une eau transparente. Jardinier, jardinier, que ta maison soit gaie, Ton rucher en rumeur et ta chambre à fruits pleine,

Et que le thym s'argente au fil de ta fontaine ! Si quelque mendiant pleure contre ta haie, Ouvre un coeur attentif au pauvre homme et l'accueille ; Ses larmes béniront ta bêche avant la tâche :

Que ta vie, ô mon fils, sous tes actes se cache, Odorante senteur de rose entre les feuilles. Sois simple. Prie à l'heure où rentrent les colombes. Laisse la foi paisible avec le soir qui tombe

Grandir en toi comme un pan d'ombre sur le sable ; Et Dieu te fasse pur et bon, Dieu veuille rendre L'âme qu'on voit au fond de tes yeux clairs semblable Au caillou blanc qui luit sous une eau transparente.

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