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1870

LA MARSEILLAISE VENDÉENNE

Émile GRIMAUD

Quelle tempête furieuse ! Le monde entier en retentit. France, autrefois si glorieuse ! C'est l'adieu d'un tyran maudit !

Puisqu'il nous faut payer ses crimes, En six mois expier vingt ans, Debout !… Nous devons être grands, Quand nos aïeux furent sublimes.

Aux armes, Vendéens ! La France est en danger ! Marchons, fils des géants, et chassons l'étranger ! Arrière, ô barbare, qui souilles Le sol où nous avons vécu !

Tu le crois sûr de nos dépouilles, Et c'est toi qui seras vaincu ! Tout le pays des Francs se lève : Les Francs sont prêts à tout souffrir ;

Jusqu'au dernier plutôt mourir, Que de nous courber sous ton glaive ! Aux armes, Vendéens ! La France est en danger ! Marchons, fils des géants, et chassons l'étranger !

Lance l'obus, lance la bombe, Mitraille enfants, femmes, vieillards : Si l'immortel Strasbourg succombe, Paris t'attend sous ses remparts.

Oui ! c'est là que la main divine Brisera tes fiers bataillons Et nous, travailleurs des sillons Nous achèverons ta ruine

Aux armes, Vendéens ! La France est en danger ! Marchons, fils des géants, et chassons l'étranger ! Du ciel inspirez à notre âme, Bonchamps, Cathelineau, Stofflet,

Pour cet œuvre inspirez la flamme ; Dont votre âme antique brûlait Et que notre égide, ô Marie, Nous couvre au milieu des combats :

Guidez nos coups, guidez nos pas ; Par nos mains sauvez la patrie !… Aux armes, Vendéens ! La France est en danger ! Marchons, fils des géants, et chassons l'étranger !

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