On n'a pas eu besoin de les chasser. D'eux-mêmes Ils se sont esquivés, furtifs, grotesques, blêmes, La main à leur derrière ainsi qu'un bouclier, Perdant, l'un son toupet, l'autre son râtelier.
Dégringolant, soufflant, suant à grosses gouttes, Ils se sont culbutés le long des grandes routes, À défaut du remords poursuivis par la peur, Regardant derrière eux parfois avec stupeur,
Effrayés de leur ombre… Ô jocrisses, bobêches, À tout fier sentiment jusqu'à la fin revêches ! Parce que vous avez été vils, vous croyez,
Ô hiboux ! Par l'éclat du grand jour foudroyés, Qu'on sera comme vous, vils, abjects et féroces ! Tremblez moins. Modérez le galop de vos rosses. Oui, vous avez été des chacals, vous avez
Du sang noir de décembre à vos doigts mal lavés ; Vous disiez : feu ! Vos mains dressaient les guillotines ; Vous avez rédigé les listes clandestines Qui vouaient à l'exil nos plus purs citoyens ;
Rien ne vous arrêtait alors ; tous les moyens Étaient bons, qui pouvaient arracher un sourire Au louche fondateur de ce hideux empire Qui vous croule à présent sur le dos, et jugeant
Les autres d'après vous, en ce péril urgent, Vous croyez entrevoir de fauves représailles. Vous cherchez les terriers, les caves, les broussailles, Les trous à rats, vermine impériale. Allons,
Rassurez-vous. Tournez moins vite les talons… La république, enfant des ardentes fournaises, Laisse à d'autres le soin d'écraser les punaises.
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