Et c'est pour eux, pour tous, ces lâches, pour défendre Le pays qu'ils venaient furtivement de vendre, Que tu dors à présent dans la terre ! pour eux Que le sol s'est rougi de ton sang généreux !
C'est pour eux que tes yeux sont clos, et que ta mère, O martyre saignante aux mains du victimaire ! Répète en sanglotant : « Mon pauvre enfant est mort ! » Tu riais à la vie, heureux, alerte, fort,
Jeune comme Marceau, beau comme lui, candide, Tes vingt-deux ans avaient un horizon splendide ; Ton cœur enthousiaste aimait la Liberté ; Le jour où la Patrie en pleurs avait jeté
Le cri d'alarme, calme et le sourire aux lèvres, Tu t'étais présenté brûlant des saintes fièvres ; Tu voulais délivrer la France ; ô, noble enfant ! Tes lettres, où vibrait un accent triomphant,
Me parlaient de ce jour où notre République Se dresserait, tenant le rameau symbolique, Sur le monde ébloui qui la vénérerait. O dans les pins, le vent qui remplit la forêt !
Te voilà mort, et mort pour la ville sans gloire Qui recula devant la lutte et la victoire ! Oh ! ton sang jeune et pur, j'en veux marquer au front Ces hommes sans pudeur, ces hommes qui vivront
Sous le mépris et sous la haine universelle ! Toi, dors en paix, enfant. La lumière ruisselle. Sur ton jeune cercueil, et l'on est fier de toi, Soldat mort plein d'ardeur et d'amour et de foi !
Dors avec les héros, repose avec les braves ! C'est de pareils tombeaux que sort, aux heures graves., Le saint enseignement, l'exemple bon pour tous. Notre cœur devant eux est plus ferme et plus doux,
Et cette Cornélie auguste, la Patrie, Aux autres nations, avec idolâtrie, Montrant le vert gazon où ses enfants loyaux Sont couchés dans la mort, dit : «Voilà mes joyaux ! »
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